• [littérature] Glamorama

     

     

    [littérature] Glamorama

     

     

    Mes lectures du moment : # 31

     

    Gamorama et Bret Easton Ellis (2001)

     

    Résumé : Victor Ward est un mannequin, qui évolue dans le monde très superficiel de la jet-set, peuplé de soirées avec des célébritésalcool et drogue font loi.
    C'est un Don Juan qui va de conquètes en conquètes alors même qu'il a une petite amie officielle.
    Un jour, son existence est bouleversée lorsqu'un inconnu lui demande d'aller chercher une actrice avec qui il est sorti dans le passé et qui se trouve à Londres.
    Sans se poser plus de questions, il accepte moyennant une grosse somme d'argent.
    Mais rien ne se passe comme prévu, et son périple vire à la paranoïa. De plus, il semble constamment suivi par une équipe de tournage et un metteur en scène.



    Mon avis : C'est mon deuxième livre de Bret Easton Ellis après le célèbre American Psycho, que j'avais trouvé très bon mais aussi très dérangeant. J'ai voulu faire un nouvel essai chez cet auteur, qui sait être marquant dans la structure de ses histoires, dans son rapport à la violence et à la superficialité de la société qui nous entoure.
    Ce nouvel opus met aussi mal à l'aise à sa manière.
    L'existence de Victor Ward est loin de faire rêver. Si American psycho était truffé de noms de marques dévoilant la superficialité de son personnage Patrick Bateman, ici, ce sont des listes interminables de célébrités, qui reviennent sans cesse, tel un leitmotiv.


    La première partie est une exposition de ce monde où les relations ne semblent avoir aucune véritable consistance, tout n'est que tromperie et druperie.

    De plus, Victor passe son temps à appeler les femmes "baby". Ce mot agaçant est accentué par la traduction française qui a choisi de ne pas le traduire. Il est donc particulièrement mis en exergue et tout à fait ridicule dans la bouche de Victor, en perpétuelle quête de séduction. Par ailleurs, il est très dépensier, toujours poussé vers la consommation et donc endetté.
    Les personnes de son mode sont obsédées par la célébrité et par l'idée de figurer en couverture d'un magasine. Ils sont déconnectés du monde réel.


    Après une bonne centaine de pages, l'élément perturbateur survient avec la recherche de cette actrice nommée Jamie. Et, à partir de là, la paranoïa s'installe et ne cesse de s'accentuer.
    L'irruption régulière d'une équipe de tournage nous perturbe, nous lecteur aussi bien que Victor, car on ne sait jamais vraiment à quel point ils sont réels et font partie de l'histoire. Tout ce que vit Victor serait-il finalement un film ?
    Il devient de plus en plus difficile de dissocier le vrai de ce qui ne l'est pas. Et la quête de Victor vire très vite jusu'au cacuhemar.

    Il est clair que le but de l'auteur est de nous destabiliser et ce jusqu'à la fin, en faisant disparaître tous nos repères.
    On a le droit à une première fin, qui pourrait nous satisfaire et même nous rassurer. C'était mal connaître l'auteur que de penser qu'il allait s'arrêter là. On a le droit à une autre conclusion, qui m'a complètement perdue, je n'étais pas sûre de l'avoir comprise. Je l'ai lue, je l'ai relue, et je l'avoue, j'ai fini par chercher sur internet pour trouver une explication.

    Lorsqu'on lit un récit, on aime suivre une logique, percevoir clairement les événements et ce qui relie les personnages.
    C'est peine perdue ici. Plus on avance et moins on les comprend.
    Les moments qui auraient dû être de grandes révélations éclaircissantes ont en fait un effet inverse, tant elles rentrent en contradiction les unes avec les autres.

    La violence et le sexe sont également présents, moins que dans American psycho, mais tout aussi marquants. Ce sont les passages que j'ai toujours le plus de difficulté à lire, et j'aime bien les passer rapidement.
    Cette fois-ci la violence s'illustre à travers le terrorisme. On ne saura jamais quel est le véritable but de ces terroristes en dehors de faire le mal à un maximum de personnes.


    Le chapitrage est aussi fait pour nous désarçonner. On a plusieurs parties et la plupart ont leurs chapitres numérotés à l'envers. Comme s'il y avait un compte à rebours, mais de quoi ? Seule la dernière partie, la plus destabilisante, voit ses chapitres numérotés dans un ordre classique. Je n'ai pas réussi à intepréter ce choix, qui reste un mystère pour moi.

     

    Bret Easton Ellis est un auteur qui m'intéresse dans sa critique de la société d'aujourd'hui, où nous sommes entourés par la consommation et la superficialité. Mais ce n'est pas un auteur facile à aborder. Pour apprécier ce livre, je pense qu'il faut accepter de ne pas tout comprendre.


  • Commentaires

    1
    Mercredi 6 Mai à 12:22
    Luthien

    "Pour apprécier ce livre, je pense qu'il faut accepter de ne pas tout comprendre."

    Ce n'est pas trop le genre de livre que je lis et cette phrase a achevé de me repousser. XD

      • Mercredi 6 Mai à 22:18

        Haha! J'ai conscience que ce n'est pas une critique qui donnera envie de lire ce livre, du moins pour pas mal de gens
        Merci de m'avoir lue en tout cas^^

      • Samedi 9 Mai à 23:37
        Aigo Ajumma

        Moi c'est l'inverse, cette phrase me donne encore plus envie de le lire XD
        ça attise ma curiosité et ça ne me dérange pas ce genre de chose dans un livre (ou un film).

    2
    Samedi 9 Mai à 23:43
    Aigo Ajumma

    Hello !

    Comme je disais un peu plus haut, ton avis a attisé ma curiosité. Au départ, le sujet ne me donnait pas trop envie, même si j'avais aimé les 2 livres que j'avais lus de lui (American psycho et Les lois de l'attraction). Mais le côté déroutant me tente beaucoup. Je sais qu'en lisant Ellis, on est choqué, dérouté, bousculé. On aime ou on déteste. Dans tous les cas, il ne laisse pas indifférent. J'aime bien trouver ça parfois dans un livre.

    Je le tenterai sûrement.

      • Dimanche 10 Mai à 14:12

        Coucou Aigo! Je suis contente que ma critique suscite des réactions aussi diverses.

        Je suis d'accord qu'Ellis est un auteur qui interpelle et ne laisse pas indifférent. Le milieu du mannequinat et de la jet-set ne m'intéresse pas particulièrement non plus sauf quand c'est pour le dénoncer, ce qui est le cas ici.
        Tu me diras alors si tu le tentes. De mon côté il faudrait que j'essaie Les lois de l'attraction. J'ai lu que l'auteur fait des croisements : Victor Ward apparaît dans les lois de l'attraction, et dans Glamora, on a un petit guest de Patrick Bateman (il dit 2-3 phrases^^)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :